Le Commonwealth regrette un "manque de voix critiques"

Print

Kigali : Les observateurs électoraux du Commonwealth, qui ont assisté à l'élection présidentielle de lundi au Rwanda, ont regretté "un manque de voix critiques" lors de ce scrutin dont les premiers résultats annoncent une victoire écrasante du président sortant Paul Kagame.

"Alors que la campagne a été assez active, quoique dominée par le plus important parti, le fait que les quatre candidats étaient tous issus du gouvernement de coalition signifie qu'il y avait un manque de voix critiques d'opposition", selon un communiqué transmis mardi à la presse.

Le Commonwealth a envoyé 12 observateurs pour assister au scrutin présidentiel.
Le Rwanda a adhéré en 2009 à cette organisation qui réunit les Etats issus de l'ancien empire colonial britannique.

"Plusieurs partis d'opposition avaient auparavant annoncé leur intention de participer (au scrutin) mais ont dû faire face à un certains nombres de problèmes administratifs ou légaux, qui ont eu pour conséquence leur non participation", ont constaté les observateurs du Commonwealth.

"Chaque cas est différent, mais l'impact sur l'ensemble du scrutin est une source de préoccupation", ont-ils estimé.

Ultra-favori, le président Kagame, 52 ans, au pouvoir depuis qu'il a mis un terme au génocide des Tutsi en juillet 1994, sollicitait un nouveau mandat de sept ans.

Il affrontait trois candidats qui l'avaient soutenu en 2003. Trois partis récemment apparus, dont deux non reconnus par les autorités, étaient de facto exclus du vote et ont dénoncé une "farce électorale".

"Le Rwanda doit s'atteler ces questions de participation politique et d'une plus grande liberté des médias", est-il déclaré dans le communiqué, lu par l'ancien Premier ministre tanzanien Salim Ahmed Salim, qui dirigeait l'équipe d'observation.

Faisant référence au génocide de 1994, les observateurs du Commonwealth ont dit "comprendre le terrible héritage du passé" et "la nécessité compréhensible d'empêcher certaines tendances de réémerger", tout en estimant qu'"il y a un équilibre à trouver".

Le scrutin "s'est bien déroulé", selon M. Salim, même si "la liberté d'association n'a peut-être pas été totalement respectée".

"Malgré ces imperfections, le peuple de ce pays a pu voter pour élire son président", s'est-il félicité, ajoutant par ailleurs ne pas avoir eu connaissance de cas "d'intimidation".

Environ 1.400 observateurs assistaient au scrutin, dont 214 internationaux pour le compte notamment de l'Union africaine (UA) ou du Commonwealth.

L'Union européenne (UE), arguant de raisons budgétaires, n'avait pas envoyé d'observateurs.

Ancienne colonie belge, le Rwanda est aussi membre de l'Organisation internationale de la Francophonie.