Ayez les deux pieds sur terre (Edito)

Monday, 17 May 2010 13:52 by Redaction
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GLH 531 : Des promesses ont été données. Des solutions proposées. Pour que les choses changent. Pourtant, le minimum vital pour l’enseignant en milieu rural reste encore à désirer. Selon une enquête menée sur un échantillon de 191 enseignants dans les districts de Nyarugenge, Ruhango et Bugesera, le salaire d’un enseignant reste trop minime. Juste la valeur de quoi se nourrir pour une semaine. Sans logis. Ni assurance maladie. Avec un horaire surchargé : Soixante douxe heures de travail par semaine.

Comme remède aux multiples problèmes que rencontrent les enseignants, le gouvernement avait créé et soutenu, en 2008, la coopérative « Umwalimu Sacco », à l’instar du « Zigama Credit and Saving Society (ZCSS) » pour les militaires, l’autre composante des agents de l’Etat qui était mal rémunérée. Bien que le ZCCS a été une innovation bénéfique et effective, cela n’ait pas empêché que les instances habilitées revoient à la hausse la solde des militaires.

L’autre approche pour résoudre le problème du bien être de l’enseignant est celle entreprise par les districts qui essayent de recruter les enseignants qui sont mieux payés que leurs collègues auparavant embauchés par le ministère de l’éducation.

Ces deux tentatives n’ont cependant pas apporté grand-chose. Les enseignants réclament toujours la majoration de leur maigre salaire. L’enseignant n’étant plus le modèle pour l’élève, sa vie minable a d’importantes répercussions sur la qualité de l’enseignement

Qui d’autre que nos parlementaires, pourrait être la voix de ces enseignants ? Mais hélas ! Ces honorables députés, les mieux payés des salariés de l’Etat, l’année dernière, se sont donnés le luxe d’utiliser l’argent des contribuables pour s’acheter des équipements complets de sport. Et cela à un prix unitaire exorbitant de près de deux cents mille francs rwandais. Ne s’agit là de la malversation ? Au détriment de l’enseignant. Quelle honte !

Soyons réalistes. Parmi les hautes autorités du pays dont ces membres du parlement, il y en a qui ont miraculeusement quitté le métier d’enseignant. Qu’ils respirent un peu profondément. Expirent. Et cherchent sans aucun prétexte, les vois et moyens de revoir à la hausse le salaire de l’enseignant. C’est la seule solution plausible.