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Contrats chinois et FMI : Kabila devant un choix difficile

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GLH 523: Le patron du FMI, le Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Khan vient d’achever son séjour à Kinshasa sans qu’un accord formel ne soit conclu avec la partie congolaise. Au fil des discussions, les négociations ont achoppé sur les contrats chinois.

Au terme de son séjour congolais, Dominique Strauss-Khan a fait cette déclaration : “Je pense que nous avons fait des pas en avant dans les relations avec la RDC et le Fonds. Il reste quelques problèmes à résoudre, c’est normal. Mais, J’ai une bonne confiance que nous pourrons trouver une solution dans les semaines qui viennent.”

Et d’ajouter : “Il y a des aspects techniques qu’il faut travailler. Le programme avec le Fonds, l’allégement de la dette, les investissements étrangers. Il y a différents sujets de différentes natures qui sont liés. Je suis attaché à ce qu’on résolve tout à la fois. On arrivera à la fois à développer les investissements étrangers notamment dans le domaine minier et en même temps qu’on arrive à l’allégement de la dette internationale de la RDC. Il se fera les deux. Les contrats concernant le financement de la chine fait partie de ces débats sur les investissement étrangers.”

La pierre d’achoppement


Le problème consiste à concilier deux projets jusqu’à présent contradictoires : permettre au pays d’atteindre le “point d’achèvement”, qui signifiera un allègement substantiel du paiement des intérêts de sa dette et accepter les  “contrats chinois”, essentiels pour le démarrage des “cinq chantiers” annoncés par le président Joseph Kabila dans son discours d’investiture.

Raymond Tshibanda, le Ministre congolais de la Coopération internationale, insiste sur la complémentarité entre la remise de la dette et le développement des infrastructures.

“Dans la plupart des cas, lorsque les pays pauvres accèdent au «point d’achèvement” et bénéficient de remises de dettes, les sacrifices consentis ont été tels qu’ils n’ont plus les moyens de réaliser des investissements importants, de faire redémarrer leur économie. Nous, nous voulons les deux : le soulagement financier ira de pair avec le développement de routes et des chemins de fer, ce qui bénéficiera à la relance de toute l’économie et générera de nouvelles ressources…”

Les créanciers de la RDC estiment pour leur part qu’on ne peut consentir un allègement substantiel de la dette congolaise estimée à douze milliards des dollars US alors que, dans le même temps, Kinshasa se rendetterait auprès de la Chine.

Certains membres du “Club de Paris”[qui regroupe les principaux pays donateurs] exigent la revisitation pur et simple des contrats chinois. Cependant, le Congo est confiant qu’il aura rempli les préalables requis pour concilier les contrats passés avec la Chine et les exigences du FMI avant la réunion du “Club de Paris” qui a lieu en juin prochain.

Cinq milliards des dollars sur la table

C’est au moins cinq milliards des dollars américains que la Chine investit en RDC. C’est le ministre congolais des Travaux publics et des Infrastructures, Pierre Lumbi, qui a détaillé les termes de cet accord.  

Trois milliards de dollars seront consacrés à la construction de 3.213 km de voies de chemin de fer entre Sakania (Katanga) et Matadi (Bas-Congo) ainsi qu’à la réhabilitation et la construction d’une route reliant Kisangani (Province-Orientale) et Kasumbalesa (Katanga) soit une distance de 3.042 km.

Les accords passés avec la Chine prévoient également la construction à travers le pays de 31 hôpitaux, 145 centres de santé, de deux grandes universités de standard international et de 5.000 logements sociaux.

Quant aux modalités d’octroi de contrats, Pierre Lumbi parlent  d’accords de troc : en échange de grands travaux, le Congo s’est engagé à permettre l’exploitation de ressources minières, à raison de 9 millions de tonnes de cuivre et de 200.000 tonnes de cobalt.

Si les réserves actuellement connues ne permettaient pas à la partie congolaise de tenir  ses engagements, d’autres prospections seraient entreprises. Les deux pays trouveraient d’autres moyens de financement, des terres agricoles par exemple.

Pour la Chine, assoiffée de matières premières, le Congo représente une opportunité : le pays recèle 34 % des réserves mondiales de cobalt, 10 % des réserves de cuivre, d’importants gisements d’or et des carrières de diamants. Sans oublier la présence de pétrole sous le lac Albert et dans la cuvette centrale.

Pour la partie congolaise, les conditions des prêts consentis par la Chine  apparaissent plus intéressants que les offres occidentales : taux d’intérêt très bas, ils ne sont pas liés au remboursement de la dette à l’égard des institutions financières internationales et ne sont assortis d’aucune condition de politique ou de gouvernance. En outre, les Chinois, qui ne manquent pas de liquidités, proposent de réinvestir dans de nouveaux projets les sommes qui leur seront remboursées.
 

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