Ces enfants rapatriés installés sur le site de Kiyanzi (District de Kirehe) revendiquent leurs droits à léducation, la santé et un habitat décent (Photo : André Gakwaya).
A six km de la frontière tanzanienne, sur la route macadamisée, le visiteur s’arrête sur un tournant. Il constate à sa gauche de petites maisons, style traditionnel, couvertes de paille ou de plastiques. D’emblée, la réalité est que les gens établis sur ce site dit de « Kiyanzi » sont livrés à la merci des intempéries diverses.
Et pourtant, ces nouveaux rapatriés installés dans des abris de fortune vivaient bien dans le pays qui les a rejetés, après qu’ils aient été dépouillés de leurs biens, dépossédés de leurs champs et de leur bétail.
Une dame rapatriée N., âgée de 70 ans, apprécie beaucoup le kit familial composé de seau, de pagnes, de savons et de matériel hygiénique que l’agence onusienne de la population vient de lui octroyer, elle et ses dix voisines.Mais elle estime que le don d’une vache pourrait rehausser ses conditions de vie, tant il est vrai que le lait est capital pour ces populations qui ont toujours eu le bétail à leur côté comme principale ressource pour assurer tous les besoins.
La précarité des conditions de ces rwandais récemment expulsés de Tanzanie recommande que soit lancé un urgent appel à l’aide, un cri ou un s.o.s (save our souls : sauve nos âmes) en leur faveur. Et des esprits sensibles et généreux ont déjà capté les ondes de détresse émises dans plusieurs directions.
Car, en cet après-midi du 14 octobre, les délégations des agences onusiennes oeuvrant à Kigali, ont ciblé le site de Kiyanzi pour y apporter assistance. Et évaluer les besoins d’une partie de la population vulnérable, actuellement confrontée à des besoins de première nécessité.
« Aujourd’hui, nous sommes venus avec seulement 10 kits familiaux. Mais dans une semaine environ, 200 autres kits auront été acheminés sur le site de Kiyanzi pour servir la population », a informé Florentin Donaja, envoyé du Coordinateur Résident du système des Nations Unies à Kigali.
La visite des délégués des agences onusiennes sur le site de nouveaux rapatriés de Tanzanie s’inscrit dans une série d’activités arrêtées pour commémorer la Journée des Nations Unies le 24 courant.
Et c’est pour cet événement que les délégués onusiens sont venus sur le site de Kiyanzi afin de visiter les 119 familles composées de 424 personnes.
« Nous sommes venus pour réévaluer les conditions de vie des rapatriés pour pouvoir faire le plaidoyer et mobiliser des ressources destinées à améliorer la qualité de leur vie », a ajouté l’envoyé du Coordinateur résident qui avait à ses côtés les délégués de l’OMS, du PAM et de l’UNFPA.
L’envoyé du Coordinateur résident du système des Nations Unis à Kigali a aussi promis que les agences onusiennes s’emploieront à convaincre les divers partenaires pour répondre à l’ensemble des besoins des 455 familles composées de 1529 personnes réparties sur six sites dans la province de l’Est frontalière avec la Tanzanie.
Il a promis que les agences onusiennes vont œuvrer pour apporter une contribution dans le cadre des 110 maisons que la CICR est entrain de construire pour les rapatriés sur le site de Kiyanzi.
Protais Murayire, Maire du District de Kirehe où se trouvent ces sites, a informé qu’en plus des 119 familles de Kiyanzi, 450 familles vivent sur le site de Bukoba, 73 familles sur Mahama, 38 familles sur Kigina, 50 sur Mpanga et le reste sur Rushikiri.
« L’essentiel des besoins prioritaires pour ces populations est de leur trouver un abri, de l’eau potable et de la nourriture. Mais il faut construire des écoles pour les enfants et leur donner des services d’accès aux soins », a dit Protais Murayire.
A ce propos, l’envoyé du Coordinateur résident a annoncé qu’une décision immédiate a été prise pour mettre en place prochainement une équipe d’agents de santé communautaires qui seront formés par l’Unicef et l’OMS afin qu’ils donnent des conseils à la communauté.
Le site de Kiyanzi a été créé en mai 2006. Depuis lors, 18400 personnes y ont passé, soit pour certains, une ou deux semaines pour être ensuite acheminés dans leurs districts d’origine qu’ils avaient quittés lors du génocide de 1994.
Mais il y en a qui étaient partis du Rwanda depuis 70 ans, qui ne connaissaient plus leur origine quand ils ont été expulsés de Tanzanie : Ce sont ceux-là qui ont été placés sur les six sites en quête de soutien.
| < Prev | Next > |
|---|












