Il y a une urgence de réduire les nouvelles infections en recourant au condom chez les personnes à risque

Wednesday, 12 September 2018 19:36 by André Gakwaya
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Dr Sabin Nsanzimana, Directeur de la Division en charge de Lutte contre le VIH/SIDA, et les autres maladies comme l’Hépatite

Kigali: Le Forum des ONG engagées dans la lutte contre le VIH/SIDA tient à renforcer l’urgence de réduire les nouvelles infections en recourant à la distribution du condom chez les jeunes mamans et les filles adolescentes, selon Dr Sabin Nsanzimana, Directeur de la Division en charge de Lutte contre le VIH/SIDA, et les autres maladies comme l’Hépatite.

«La bonne utilisation du préservatif rassure à 100 % qu’on ne peut pas attraper le VIH/SIDA. Les gens utilisent le condom et n’éprouvent plus la honte. Seulement, les habitudes ne changent pas rapidement. Car, il y a l’influence de la religion et des croyances qui entravent encore les comportements. L’important à garder à l’esprit est que le condom ressemble à un casque pour le motard qui roule à moto. L’inconvénient est que le condom n’arrive pas partout dans tous les coins du pays. Nous réfléchissons sur la stratégie de le répandre plus et protéger ainsi la population surtout à risque », a-t-il indiqué.

Il a tenu ces propos lors d’un atelier organisé par le Forum de plus de 120 ONG rwandaises engagées dans la lutte contre le VIH/SIDA.

Il a rappelé que le Rwanda a atteint les objectifs de l’ONU qui prône que 90 % des personnes séropositives soient informées de leur maladie, que 90 % soient soumises aux ARV, que 90 % des personnes sous ARV prennent régulièrement leur médicament et réduisent la charge virale, à tel point qu’elles n’aient point d’infection dans le sang. Pour cela, elles doivent continuer les ARV et à utiliser constamment le condom pour ne pas infecter les autres, toujours selon Dr Nsanzimana.

Groupe photo des participants

Il a informé que récemment deux études ont été présentées à Amsterdam et montrent que les ARV ont cette capacité de réduire les infections dans le sang.

Ces infections reculent et se remettent dans une sorte de réservoir à tel point que l’on ne peut pas infecter d’autres partenaires. Mais la règle d'or demeure le régime ininterrompu des ARV et le recours au condom dans les rapports sexuels.

«Au Rwanda, nous avons des agents formés qui distribuent des condoms dans des kiosques situés à des endroits de forte fréquentation où l’alcool coule et où sont nombreuses des travailleuses du sexe ou prostituées. Ces endroits sont Kigali à Remera, Corridor, Mumigina, Gikondo, Nyamirambo (kuri Mirongwine), Rubavu, Rusizi et Huye. En une année, nous avons distribué un million de condoms à partir de ces kiosques. Ce mode de protection porte de bons résultats et il se poursuivra, car il protège beaucoup de gens», a-t-il siuligné. 

Il a rappelé qu’en une année, au Rwanda, l’on distribue 24 millions de condoms dont 15 millions dans les boutiques, et d'autres aux conseillers de santé, centres de santé et dispensaires.

Il a  rappelé les stratégies prises pour réduire de nouvelles infections. Chaque femme enceinte doit aller en consultation et se faire tester au VIH/SIDA. Si elle est séropositive, elle est soumise au régime des ARV afin de réduire la charge virale et de ne pas infecter l’enfant qu’elle porte. A la naissance, l’enfant est examiné et soumis aussi aux ARV.

Toute personne sous ARV a des chances de ne pas infecter les autres à 90 % tant qu’elle prend correctement les médicaments. Le problème se pose surtout avec les hommes. Car, ceux-ci prennent mal les ARV et créent des résistances. Surtout quand ils stoppent les ARV et se livrent à  l’alcool. C’est dans ces cas que la charge virale remonté. 

La circoncision  permet aussi de réduire les risques d’infections à 60 %. Mais cela ne veut pas dire que l’on doit renoncer au condom quand on est circoncis.

Le Rwanda atteint en 2018 une bonne performance de 1,5% de réduction des infections chez le nouveau-né. Et pourtant, en 2001, la transmission du VIH/SIDA à la naissance était de 10 %. Il y a une forte sensibilisation de tous les acteurs. Puis les infections à la naissance ont été ramenées à 4 % en 2015, puis 2%,  et maintenant en 2018, à 1,5 %. Il y a lieu de renforcer la stratégie pour réduire à zéro l’infection et cela est possible », a encore poursuivi Dr Sabin Nsanzimana.

«Cela est possible, car nous avons deux districts, Burera et Karongi, qui enregistrent zéro infection depuis deux ans. Avec les ARV pris dans la discipline, l’on peut vivre durant des années, comme un homme normal », a-t-il précisé.

Le Directeur en charge de la Lutte contre le VIH/SIDA a reconnu que le nombre élevé de grossesses précoces chez les mineures est une porte ouverte pour le VIH/SIDA.

«C’est un fléau à stopper qui exige une lutte en synergie avec les institutions et les partenaires, toujours en renforçant l’usage du préservatif. Pour le reste, nous avons des ARV disponibles à 98 % dans plus de 500 hôpitaux et centres de santé et dispensaires. Toute mère enceinte devra se faire tester, et si elle est séropositive, se mettre sous ARV, afin de réduire la charge virale», a-t-il souligné.

A Kigali, la séroprévalence chez les prostituées dépasse 50 %, et elle est de 46 % dans l’ensemble du pays.

Le pays dépense $ 200 millions par an pour lutter contre le VIH/SIDA, donner des médicaments et payer les personnels de santé.  (Fin)