La Province du Sud compte plus de personnes condamnées pour génocide

La Gouverneure Alice Kayitesi remet un certificat confirmant que le bénéficiaire a suivi sa formation

La Province du Sud compte plus de personnes condamnées pour génocide, selon les statistiques de l’administration pénitentiaire de Nyamasheke qui relève que la moitié des condamnés pour génocide sont originaires de la Province du Sud.

La Prison de Nyamasheke accueille le programme de formation « Unité et Héritage » destiné aux auteurs de génocide en attente de leur libération au terme de leur peine.

Vue des 645 condamnés à libérer après leur formation

Depuis le lancement du programme début 2025, la Prison a formé plus de deux mille personnes, réparties en huit phases ou éditions, principalement originaires de la Province du Sud. Plus précisément, lors de la huitième édition à laquelle ont participé 645 prisonniers, 307 provenaient de la Province du Sud, 162 de la Province de l’Est, 86 de la Province de l’Ouest, 77 de la Ville de Kigali et 13 de la Province du Nord.

Lors de la cérémonie de clôture de cette phase de formation, la Gouverneure de la Province du Sud, Alice Kayitesi, a expliqué que si sa province compte un si grand nombre de personnes s’apprêtant à purger leur peine pour crimes de génocide, c’est parce que le génocide y a été particulièrement violent.

« Nous comptons de nombreux prisonniers ayant purgé leur peine, car nous comptons aussi le grand nombre de Tutsi qui ont péri durant le génocide », a-t-elle indiqué.

la Commissaire a.i. en charge de la formation, Alice Uwera Kayumba, remet un certificat à un détenu à libérer.

Mme Kayitesi a assuré aux prisonniers que la Province du Sud était prête à les accueillir tous. Elle les a exhortés à renoncer à l’idéologie génocidaire, même si celui qui campe encore sur cette idéologie n’aura pas la liberté de la diffuser, surtout que les Rwandais sont maintenant unis.

La Directrice de l’Unité et de l’Héritage rwandais au ministère de l’Unité et de la Responsabilité civique (MINUMWE), Alice Uwera Kayumba, a souligné que la plupart des personnes arrivant à la fin de leur peine ces jours-ci étaient celles qui avaient refusé d’avouer leur culpabilité.

La formation destinée aux personnes ayant purgé leur peine a été mise en place début 2025 suite à une augmentation du nombre de suspects du génocide. Une étude a révélé que l’idéologie du génocide est persistante surtout chez des personnes qui ont commis le génocide et qui achèvent leur peine sans être passés aux aveux, ni changé de perception et d’avis. (Fin)