Le Président Kagame déplore le décès de l’ancien émir qui a transformé le Qatar en géant du Golfe

Le Président rwandais Paul Kagame a adressé, ce dimanche 12 juillet 2026, un message de condoléances à l’État du Qatar à la suite du décès à 74 ans de l’ancien émir du Qatar, Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, artisan de la métamorphose spectaculaire de son pays et pionnier d’une abdication sans précédent dans le Golfe. 

“Mes plus sincères condoléances à mon frère, Son Altesse Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, à sa famille et au peuple du Qatar suite au décès de Son Altesse l’Émir Père Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani”, lit-on dans le message de condoléances du président de la République rwandaise.

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Le Chef de l’Etat rwandais indique que “Son Altesse Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani restera dans les mémoires comme un dirigeant visionnaire qui a transformé le Qatar en la nation remarquable qu’il est aujourd’hui. Son héritage de service à son peuple et son engagement en faveur de l’amitié et de la coopération entre les nations perdureront pour les générations à venir.” 

“En ces moments difficiles, le peuple rwandais et moi-même sommes solidaires de Son Altesse Cheikh Tamim Bin Hamad et de nos frères et sœurs qataris”, a-t-il ajouté dans son message. 

Le Qatar hérité par l’actuel émir, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, avait déjà été profondément refaçonné par son père. Sa disparition marque la fin d’une époque pour un État qu’il a fait passer, en moins de deux décennies, du statut de petite principauté désertique à celui de puissance diplomatique et énergétique mondiale.

L’ancien souverain, qui avait déposé son père, le cheikh Khalifa, lors d’une révolution de palais en 1995 sans effusion de sang, avait hérité d’un petit émirat marginal aux caisses presque vides, dont il a fait un acteur majeur de l’échiquier régional et international.

Sous son règne de 1995 à 2013, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani a transformé le pays en l’un des principaux exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL), en développant les infrastructures de production et d’exportation, posant ainsi les bases de l’immense richesse souveraine du Qatar et de son influence croissante sur les marchés énergétiques mondiaux.

Son leadership a également vu le lancement d’Al Jazeera, la candidature réussie pour accueillir la Coupe du monde de football 2022, ainsi que d’importants investissements dans les infrastructures qui ont transformé Doha en un hub mondial des affaires et des transports.

Au-delà des réformes économiques, cheikh Hamad a poursuivi une politique étrangère indépendante qui a positionné le Qatar comme médiateur régional. 

En 2013, cheikh Hamad est devenu l’un des rares dirigeants du Golfe à abdiquer volontairement, transmettant le pouvoir à son fils et actuel émir du Qatar, cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, dans une démarche visant à assurer une transition en douceur. Cette succession a contribué à préserver la stabilité politique d’un pays dont la famille régnante a connu des périodes de rivalités internes.

L’héritage de cheikh Hamad reste étroitement lié à l’émergence du Qatar en tant que grand exportateur d’énergie, investisseur mondial et acteur diplomatique influent, les politiques introduites sous son règne continuant de façonner la stratégie économique et géopolitique du pays aujourd’hui. 

Le Qatar a décrété quatre jours de deuil national à compter de lundi, avec suspension des activités dans les administrations et organismes publics, et mise en berne des drapeaux. (Fin)