Le Président Kagame et l’Envoyé de l’UE discutent de la sécurité régionale

Le Président Kagame a reçu hier l’Ambassadeur Johan Borgstam, représentant spécial de l’Union européenne (UE) pour la région des Grands Lacs, et ils ont discuté de la sécurité régionale.

Parmi les sujets abordés figurait la nécessité d’actions concrètes pour s’attaquer aux causes profondes du conflit dans l’Est de la RDC et l’accélération du processus de consolidation d’une paix et d’une sécurité durables.

L’Ambassadeur Johan Borgstam s’était rendu au Rwanda en Février 2025, où le gouvernement rwandais lui avait expliqué que les problèmes d’insécurité dans l’Est de la RDC étaient différents des conflits qui ravagent d’autres régions, comme l’Ukraine. Il a été expliqué que les causes profondes des problèmes d’insécurité en RDC sont liées à des problèmes historiques et à une mauvaise gouvernance, qui ont également favorisé l’émergence de plus de deux cents groupes opérant dans l’Est de la RDC, dont les FDLR, fondées par des perpétrateurs du génocide de 1994 contre les Tutsis, et qui jouent encore un rôle majeur dans l’insécurité devenue monnaie courante dans la région.

Au moment, l’Envoyé de l’UE a été informé que le Rwanda était confronté à de graves problèmes de sécurité qu’il ne fallait pas ignorer, tandis qu’à sa frontière avec la RDC, une coalition internationale de groupes armés alliés aux forces gouvernementales, dont le groupe terroriste FDLR, les Wazalendo, l’armée burundaise et des mercenaires, était présente.

Le Rwanda a déclaré que, tant que ces problèmes de sécurité n’étaient pas résolus, il continuerait de renforcer les mesures de sécurité à ses frontières et a souligné que la souveraineté nationale ne devait pas être compromise unilatéralement, sans tenir compte du fait que le Rwanda en avait également besoin. Le Rwanda a exhorté l’UE à se baser sur la vérité concernant la situation dans l’Est de la RDC, plutôt que de se fier aux fausses allégations du gouvernement congolais visant à dissimuler ses propres échecs, les violations des droits humains et autres problèmes, ainsi que la corruption qui gangrène ses dirigeants et alimente la velléité de guerre.

Une vingtaine de jours après l’arrivée de l’Ambassadeur Johan Borgstam à Kigali, l’UE a imposé des sanctions à des responsables militaires rwandais. Cependant, le gouvernement rwandais insiste sur le fait que ces sanctions ne contribueront pas à résoudre les problèmes d’insécurité dans la région si les causes profondes ne sont pas traitées.

Parallèlement, des efforts continus sont déployés pour s’attaquer à ces causes profondes, le Rwanda démontrant constamment sa volonté de contribuer à une solution durable à ces problèmes. Au cours des mois suivants, jusqu’à la fin de l’année dernière, un processus de réconciliation s’est amorcé, aboutissant à la signature d’un accord de paix par les chefs d’État Paul Kagame et Tshisekedi, le 04 Décembre 2025, date de la signature des Accords de Paix de Washington entre le Rwanda et la RDC, visant à rétablir une paix durable.

L’accord réaffirme des points essentiels, notamment l’éradication des FDLR, qui sera suivie de la levée des mesures de sécurité rwandaises à ses frontières, la mise en place d’un plan solide pour le rapatriement des réfugiés congolais au Rwanda ou des Rwandais en RDC, et la garantie d’une sécurité totale pour la population.

L’accord couvre également la coopération économique, avec pour objectif d’établir une coopération dans les domaines du commerce et de l’investissement, y compris l’exploitation des infrastructures et des ressources naturelles telles que les minéraux et le gaz méthane du lac Kivu.

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Olivier Nduhungirehe, a indiqué lors d’un récent entretien avec Radio B&B FM Kigali que, jusqu’à ce jour, le groupe FDLR continue de recevoir des armes et du matériel du gouvernement congolais et de son président, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Il a ajouté que, depuis la signature de l’Accord de Washington, le gouvernement de la RDC n’a réalisé aucun progrès significatif dans la mise en œuvre de ses engagements. « La RDC ne respecte pas les accords que nous avons signés », a-t-il martelé.  (Fin)