Les deux investisseurs américains Bruce Cripe et Robert Jackson ont été approchés par le chanteur rwandais Samputu. Celui-ci qui les a intéressés et les a amenés au Rwanda au sein d’un groupe de douze autres investisseurs américains et canadiens qui viennent de séjourner au pays de Mille Collines et de mille opportunités en février dernier.
« Au Rwanda, les gens ne négligeront plus la musique. Nous chantons et nous attirons les investisseurs. Nous prêchons le pardon et nous créons un climat à la paix et à l’investissement », a confié à ARI, Jean Paul Samputu, devenu artiste ambassadeur qui prêche le pardon et la réconciliation à travers le monde. Notamment dans les pays qui ont été soumis à une haute intensité de violences.Il est vrai que le message de pardon qui émane des chants et des activités de Samputu s’avère une référence et un attrait. Surtout que les orphelins recueillis par Samputu et la Fondation Mizero qu’il a créée ont sillonné les Etats-Unis et le Canada pour renforcer ce que pêche Samputu.
« Le message de pardon que je livre dans mes conférences et mes chansons est devenu une base pour l’investissement », confie l’artiste rwandais. Samputu a informé que les douze investisseurs américains et canadiens ont été reçus par le Ministre des Finances James Musoni qui les a exhortés à placer leur argent au Rwanda dans des activités porteuses.
Ces investisseurs ont promis d’investir dans l’agriculture, la santé et l’éducation. Bien auparavant, ils ont été reçus par la Secrétaire Exécutive de la Commission Nationale pour l’Unité et la Réconciliation, Madame Fatuma Ndangiza. Ils ont apprécié les réalisations de cette institution et ont accepté d’apporter leur appui au processus de réconciliation dans le pays.
L’Agence Rwandaise de Developpement ou Rwanda Development Board, RDB en sigle, a organisé à l’Hôtel Tower Top de Kacyiru une séance pour présenter à ces hommes d’affaires les secteurs qui constituent des opportunités d’investissement.
Claire Akamanzi, Directeur Général adjoint de RDB, leur a dit que le Rwanda est un pays ouvert caractérisé par la bonne gouvernance et l’engagement des autorités pour encourager des investissements. Et surtout qui dispose d’une population honnête, intègre, et laborieuse.
Elle leur a présenté la vision du futur rwandais, avec investissement dans neuf secteurs : énergie, ICT, infrastructures, habitat, tourisme, mines, thé et café, horticulture (sériculture, fruits et légume pour l’exportation).
Des facilités d’investissements existent dans le pays, l’économie est libéralisée. Le café de qualité, l’industrie du thé et les processus d’emballage des produits sont hautement soignés. Le secteur privé est impliqué pour toujours atteindre des performances dans la qualité des produits.
Pour ce qui est de l’énergie, le Rwanda accuse un déficit domestique de 70 MW. Ce qui incite à transformer l’abondance de ses eaux en hydro-électricité, en créant des barrages à travers les différents points du pays.
« La culture du développement est fortement ancrée dans l’esprit de l’ensemble des autorités et de la population. Ce pays va changer grâce à vous, parce que nous avons tout ce qu’il faut », a dit le Ministre à la Culture, Joseph Habineza, pendant qu’il recevait ces investisseurs à Top Tower Hotel de Kacyiru.
Au cours de leurs interventions, les investisseurs ont apprécié les opportunités qui existent au Rwanda et ont promis d’œuvrer pour y investir. Madame Malaïka Lynn, une canadienne qui veut investir au Rwanda dans l’industrie culturelle et la cinématographique, a relevé que le pays dispose d’un potentiel d’investissement incroyable, avec l’exportation des éléments qui sont les chants, l’inanga, la danse et la poésie.
« Il y a un bon climat pour l’industrie du film qui a un potentiel intact ici. J’aimerais proposer d’y établir un bureau de cinéma », a confié Lynn Malaika, qui a ajouté que l’on pourrait établir un partenariat axé sur une co-production entre le Rwanda et le Canada
« Ma motivation, c’est qu’on peut promouvoir la culture rwandaise au Canada, aux Etats-Unis d’Amérique et dans d’autres pays. Des gens peuvent s’y impliquer et gagner le pari », a-t-elle poursuivi.
L’artiste Samputu qui a sensibilisé ces investisseurs sur les opportunités qu’offre le Rwanda, a saisi l’occasion pour animer la partie. La Troupe Mizero a présenté des chansons et des danses de qualité que les hôtes ont beaucoup appréciés. Tous les participants ont dansé et partagé un verre de convivialité.
« Ces jeunes artistes sont des orphelins que j’ai recueillis et formés. Aujourd’hui, ils dansent et chantent le pardon. Je m’occupe d’eux parce que personne ne le fait. Si on ne le faut pas, ils vont tuer des gens », a fait remarquer Samputu.
Il a informé que ces enfants ont effectué à deux reprises des séjours aux Etats-Unis et au Canada. Ils s’y sont exhibés, et ont appris beaucoup. Surtout qu’ils sont talentueux. Leur premier voyage en 2007 a duré 3 mois, et le second, en 2008, un mois.
Actuellement, ils sont devenus des artistes internationaux. Leur style est bien travaillé, avec une chorégraphie moderne qui fait songer des fois au style sud-africain et autre. « Dans un mois, cinq de ces artistes partiront définitivement aux Etats-Unis pour être reçus à l’Ecole de Musique. Un homme riche s’est engagé à payer des études pour eux. Il leur a cédé déjà sa maison », a confié Samputu, leur promoteur, qui a ajouté :
« Ces enfants vont étudier, chanter et représenter le Rwanda et les orphelins du Rwanda. Ils pourront se reproduire quelque part et générer de l’argent. Ils ne seront pas acculturés.
Ma contribution est que je consacre mon temps à leur donner l’espoir et à préparer leur avenir ».
Mais l’essentiel, poursuit Samputu, c’est que leur art pourra contribuer à changer le monde. Ils vont enseigner le pardon, grandir dans le pardon, en imitant ce que fait Samputu. « L’important est que les autres pays sachent d’où ils viennent », conclue l’artiste. (Fin)
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