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Rencontre-débat sur le rôle de la France dans le Génocide perpétré contre les Tutsi

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Kigali: Le mardi 5 décembre 2017, à Lille au nord de la France l’Association Survie nord a organisé une rencontre-débat avec François Graner, auteur d'un livre important sur le rôle des militaires français dans le Génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994, "Le sabre et la machette : Officiers français et génocide tutsi» pour discuter des complicités françaises dans ce Génocide.

En se basant sur son livre, François Graner a réitéré sur la responsabilité morale, politique et surtout militaire de l’État français dans le Génocide perpétré contre les Tutsi  au Rwanda.

Il compare les déclarations publiques des officiers ayant eu à activer au Rwanda avant et pendant le Génocide. Ces déclarations, il les compare, en relève la cohérence et les nombreuses incohérences qui permettent au lecteur de fonder une opinion juste et objective sur le rôle joué par la France dans ce crime imprescriptible.

Il a expliqué que ces déclarations  des officiers militaires français confirment que la France apportait de l’aide militaire opérationnelle au régime génocidaire. Il dit : « Pour faire face à l’offensive du Front Patriotique rwandais, le président rwandais appelle à l’aide François Mitterrand. Celui-ci décide immédiatement l’envoi de troupe, avec son conseiller l’amiral Lanxade, contre l’avis du ministre de la Défense Jean-Pierre Chevènement ».

Il a exprimé que son enquête prouve que  pendant l’opération Noroît, les responsables civils et militaires français étaient déjà informés du projet de Génocide contre les Tutsi mais que cela n’avait rien changé à la politique française qui consistait à apporter un soutien militaire sans faille au régime Habyarimana, allant parfois à l’encontre des directives officielles  en apportant une aide opérationnelle temporaire à l’État-Major des Armées rwandais dans sa guerre contre le FPR.

Pour expliquer cette participation active de l’armée française dans les combats contre le FPR, il a fait allusion à  la déclaration du colonel Didier Tauzin en 1993 qui avait dit : «Nous lui avons mené la vie dure, au FPR ! Nous avons brisé son élan vers Kigali.   En 15 jours nous avons tiré plus d’obus que l’armée française pendant la guerre du Golfe».

Il a aussi expliqué que le colonel Tauzin avait clairement expliqué que les Français contrôlaient l’armée rwandaise,  participaient aux combats et dirigeaient les militaires rwandais comme s’ils étaient de simples supplétifs de l’armée française.

Il a en outre  signalé que sa recherche a prouvé qu’entre  1990 et 1993, l’armée française  était au courant des pogroms contre les Tutsi mais qu’elle était  seulement  préoccupée de leurs répercussions sur son image.

Pour Graner, l’idée de contrôler des pièces d’identité pour s’assurer de l’appartenance de leurs victimes aux Tutsi est française.

Il a expliqué que «Dès 1991, le colonel Canovas, chargé de conseiller l’État-Major de l’armée rwandaise, propose la mise en place de petits éléments en civil déguisés en paysans, dans les zones sensibles, de manière à neutraliser les rebelles.  Enfin, les civils non formés, avec des armes blanches, des gourdins cloutés, des outils agricoles (machettes, houes)».

Il a expliqué que le soutien de la France aux responsables des pogroms contre les Tutsis en 1993 a été remarqué et dénoncé notamment par des Organisations Non-Gouvernementales (NGOs) mais que l’armée française ne cherchait  pas à se défendre ou à mettre un terme à ses accointances avec les futurs génocidaires. Elle tente seulement de « réorienter les médias» français dans le sens des génocidaires pour que soit incriminé, non plus les véritables assassins, mais le FPR.

Il a conclu que le déclenchement simultané des massacres de Tutsi dans tous les coins du pays après l’attentat contre l’avion du président Habyarimana prouve que le Génocide avait été minutieusement planifié et organisé pour être mis en pratique par des personnes directement ou indirectement formées par l’armée française. (Fin)

 

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