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Kirehe: Les 40 prostituées de l’association Twiyubake sollicitent un appui pour renoncer à leur métier

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Certains des chauffeurs de ces camions stationnées à Rusumo sont les clients des prostituées de Nyakarambi

Nyakarambi, Kirehe: F1 est une jeune fille de 16 ans. Elle est une des 40 membres de l’Association des travailleuses du sexe (Sex workers) «Twiyubake» ou prostituées du centre de Nyakarambi dans le District de Kirehe. Elle a une grossesse de six mois suite à des rapports sexuels non protégés qu’elle a eus avec un Tanzanien qui vit en Tanzanie, mais qui passe de temps en temps au Centre de Nyakarambi, à une vingtaine de Km de Rusumo.

«Je sais que c’est ce Tanzanien qui m’a engrossée. D’habitude, j’utilise le préservatif dans mes rapports sexuels avec les clients. Mais ce jour-là, j’étais dans une période féconde et je n'ai pas recouru au préservatif. Après le passage du Tanzanien, j’ai continué à utiliser le condom jusqu’aujourd’hui », confie-t-elle dans une salle de réunion du District de Kirehe où sont réunis 30 journalistes et 23 prostituées de profession.

Elle ajoute : «Je suis devenue une prostituée suite à la pauvreté. Car, je n’avais pas d’autres recours pour subvenir à mes besoins. Mes parents sont aussi pauvres. Inutile de continuer avec eux dans un milieu rural reculé, loin du Centre, très pauvre aussi ».

F1 n’est pas la seule mineure enceinte dans le groupe. Cinq autres mineures du même âge sont aussi enceintes. Les prostituées plus âgées leur ont enseignées d’utiliser toujours des préservatifs. L’Hôpital de Kirehe les distribue. Hier, il leur a donné trois cartons. C’est la seule voie de se protéger contre le VIH/Sida et éviter les grossesses précoces ou non désirées.

La présidente de l’Association Twuyubake, T5 informe que cette association comptait auparavant 60 prostituées. Elles sont maintenant 40. Cinq ont eu la chance de se fonder un foyer. D’autres sont parties ailleurs. La moitié des membres, soit 20, ont été testées séropositives.

«Nous avons créé une association pour nous connaître et nous entraider. Celles qui sont porteuses du VIH/SIDA suivent le traitement sous ARV. Nous voulons créer légalement notre association, bénéficier des appuis, être formées dans divers métiers, renoncer à la prostitution, un métier qui dévalorise la personne humaine. Nous sommes rejetées, persécutées par l’entourage et les chefs locaux. L’on ne veut pas de nous au village, alors que nous payons les frais de sécurité pour les agents qui font la ronde nocturne et assurent la sécurité », confie-t-elle.

Une autre prostituée souligne que certaines de leurs collègues sont détenues en prison dans les stations de police parce qu’on les prend pour des vagabondes (inzererezi) qui se vendent.

Nous avons été incapables de suivre l’école. Nous ne volons pas. Nous vendons notre corps pour 1000 Frw ou 2000 Frw. Ainsi parvenons-nous à payer le loyer, la nourriture, et la mutuelle de santé. Certaines d’entre nous n’ont pas de logement. Notre association s’agrandit par des jeunes recrues mineures qui quittent les campagnes suite à la pauvreté », dit-elle.

Certaines des prostituées étaient parvenues à se marier grâce au revenu résultat de leur commerce. « Mais les maris étaient des hommes qui avaient été attirés par notre argent, et qui ont dilapidé notre avoir et nous ont quittées », déplore une autre prostituée.

Un des journalistes a promis d’aider l’association à élaborer les textes du statut de l’association. Il a donné des conseils pour que ces Rwandaises évitent le VIH/Sida, créent un emploi digne et renoncent à la prostitution grâce à l’appui du District de Kirehe.

Le Chargé de Santé et de la Prévention des Maladies dans le District de Kirehe, Frank Mugabo, a promis que le District et les partenaires feront de leur mieux pour aider cette association à atteindre une vie digne et autonome, plus sécurisée.

«Toutefois, la loi sera appliquée et sanctionnera à 25 ans de prison ferme tout homme qui aura des rapports sexuels avec une mineure, prostituée ou pas », a-t-il mis en garde.

Notons que certaines de ces prostituées sont enceintes ou ont des enfants en très bas âge. Signe qu’elles n’ont pas utilisé le préservatif.

Par ailleurs, ces 40 prostituées résident seulement au Centre commercial de Nyakarambi proche des bureaux du District de Kirehe. Une autre association du genre existe à la frontière de Rusumo. Les clients proviennent du mouvement de personnes sur cet axe routier. Un poste de santé local leur assure les services nécessaires.

Le plus vieux métier du monde qu’est la prostitution sera-t-il éradiqué si l’on appuie ces prostituées à sortir de la pauvreté ? Les faits au Rwanda et ailleurs ont prouvé que la majorité des femmes soutenues ont émergé de cette turpitude. Tout milite en faveur du soutien à ces dames en détresse et désireuses d’émerger des turpitudes qui ternissent l’image de la femme et de la mère digne de ce nom. (A suivre…)

 

 

 

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