Kigali: Le ministre congolais de la Communication et médias, Lambert Mende Omalanga, s’insurge contre le contenu des programmes de Radio France internationale sur la RDC. Il l’a déclaré, lundi à Kinshasa, dans son discours en marge de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse.
S’il faut absolument fermer le signal de certains médias pour des raisons liées à la sécurité du pays, le gouvernement le fera, a menacé Mende.L’ONG Journaliste en danger réagit ainsi à la menace du gouvernement congolais de couper le signal. Jed pense cependant que couper le signal de RFI n’est pas la bonne solution. Pour le secrétaire général de cette ONG, cela va nuire à l’image du pays qui s’est engagé sur la voie de la démocratie, a rapporté Radio Okapi.
« Tout le monde suit ce que RFI est en train de faire sur le Congo, qui s’amuse à jeter de l’huile sur le feu, systématiquement, et quand nous savons que, il circule des thèses, selon lesquelles, la République Démocratique du Congo, ne devrait pas exister dans ses frontières actuelles, qui veulent dire que le Congo doit être dépecé, parce qu’on ne peut pas le gérer à partir de Kinshasa, on se pose la question si ce média international là n’est pas au service de cet agenda, tant il se force de noircir, complètement et même artificiellement, le tableau, tant il s’efforce de nous empêcher de réaliser le programme de normalisation », a expliqué le ministre Lambert Mende.
Et de poursuivre : « Lorsque vous incitez des militaires qui sont en opération de pacification, à se mutiner, en fait vous visez la disparition du pays, ça n’a plus rien avoir avec l’information » avant de conclure : « S’agissant des problèmes de sécurité, nous ne pouvons pas transiger. S’il faut absolument couper le signal de certains médias, nous le ferons. »
Et à propos de RFI, son signal de Bunia, en Ituri, dans la province Oriental, relayé par radio Canal Révélation, a été coupé depuis trois jours. La décision a été transmise aux dirigeants de cette radio par les agents du poste principal local de l’ANR (Agence nationale des renseignements).
Contacté à ce sujet, le ministre Mende a précisé que la décision du gouvernement de couper le signal de RFI est exclusivement prise pour le signal de Bunia, pour des raisons de sécurité.
Pour Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de Journaliste en danger, les accusations du ministre contre RFI ne justifient pas la décision de couper le signal de cette station de radio : « J’ai suivi les accusations du ministre contre RFI. Il l’accuse de vouloir inciter à la partition du pays. Evidemment, le ministre peut avoir des récriminations contre les informations diffusées par RFI, mais il ne peut pas avoir raison de vouloir couper le signal tout simplement. Cela va donner l’impression, en fait, qu’ici on tolère la liberté de la presse tant que les journalistes vont seulement dans le sens des thèses supportées par le gouvernement. »
Pour Tshivis Tshivuadi, si le gouvernement met en exécution ses menaces, cela nuira à l’image du pays : « On ne peut pas en même temps dire qu’on est un Etat qui s’engage sur la voie de la démocratie, et ne pas être à mesure de tolérer la contradiction et la critique. Nous sommes dans un débat démocratique. Si RFI donne une fausse information, le fait de le démentir sur antenne, c’est RFI qui perdrait peut-être sa crédibilité, ou même la journaliste qui est incriminée, au lieu d’y aller par des voies de fait, parce que ceux-ci montrent qu’effectivement, on a quelque chose à cacher et on a peur. »
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