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Industries extractives et défi du développement en Afrique/Une réunion à Nairobi pourrait-elle signaler un changement d’approche?

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Eric Chinje,Conseiller principal auprès de la PDG de l’Initiative des médias d’Afrique (AMI)

Kigali: Le défi du développement de l’Afrique au cours de ce siècle devra être relevé grâce à une mobilisation efficace de ses ressources, à un échange des biens et des idées sur un marché mondial qui en a besoin et en définissant des politiques qui soutiennent le processus local de création et de distribution équitable des richesses.

Les ressources dont a besoin l’Afrique pour son propre développement ne proviendront pas de l'aide étrangère, ni des subventions ou des prêts. Après tout, l’Afrique à elle seule abrite environ 30% des réserves minières mondiales, 10% du pétrole et 8% du gaz naturel mondial. Les ressources nécessaires sont principalement disponibles sur le sol africain. Sa capacité humaine devra être développée pour produire les biens et les idées qui soutiendront son développement, et le gouvernement, le secteur privé et la société civile devront être prêts à relever le défi ultime de la création des richesses et de leur répartition équitable.

Albert Einstein a dit un jour que « les problèmes auxquels nous sommes confrontés ne peuvent pas être résolus avec le même niveau de pensée qui les a créés ». Des siècles d’exploitation des ressources africaines ont généré une richesse considérable pour ceux qui ont développé le savoir nécessaire pour les exploiter. Le fait qu’ils continuent à le faire à une époque où la technologie permettant d’atteindre les résultats souhaités est devenue omniprésente et accessible à tous devrait nous inciter à remettre en question la réflexion actuelle sur les avantages et les

inconvénients de l’extraction des ressources sur le continent. La réunion de Nairobi devrait déboucher sur de nouvelles idées et de nouveaux modèles de gouvernance des ressources ; Elle

devrait aussi identifier la manière de créer une véritable richesse à partir des ressources naturelles de la région et d’utiliser cette richesse pour développer l’Afrique de l’Est.

Les recherches de Mark Curtis pour l’organisation War on Want ont révélé que les sociétés cotées à la bourse de Londres contrôlent plus de mille milliards de dollars des réserves africaines

d’or, de diamant, de pétrole et de gaz. La Chine pourrait détenir des multiples de ce stock de minéraux africains. Une étude de l’Union africaine a conclu qu’environ 50 milliards de dollars

américains de flux financiers illicites quittent le continent chaque année. Ce ne sont pas des faits et des chiffres aléatoires ; ils devraient pousser chaque Africain vers une introspection profonde. Alors que le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda s’apprêtent à devenir de nouveaux acteurs dans le secteur des industries extractives mondiales, la question primordiale doit être abordée : ces pays vont-ils simplement suivre la voie de la fameuse “Dutch Disease” – « malédiction des ressources » ? Ou travailleront-ils pour ouvrir de nouvelles pistes de réflexion sur le changement avec la collaboration active de leurs citoyens ?

Peu après son entrée en fonction en 2015, le président tanzanien, John Magufuli, a exprimé sa profonde déception quant au fait que son pays ne percevait pas une part équitable des revenus

tirés de ses ressources extractives. Le président Idriss Deby Itno, du Tchad, a fait des déclarations similaires plus de dix ans auparavant. Et bien avant cela, le défunt président Mobutu

Sese Seko de l’actuelle République démocratique du Congo (RDC) - indubitablement la figure emblématique de cette énigme africaine sur la coexistence de la richesse et de la pauvreté - a

laissé entendre qu’il ne pouvait simplement pas comprendre pourquoi le Zaïre était incapable de sortir de la pauvreté de masse?

Comment les milliards de dollars qui sortent du sous-sol du continent quittent-ils l’Afrique sans la moindre trace ? Les experts parleront de mauvais arrangements contractuels, de cadres

juridiques, politiques et institutionnels mal conçus, de l’absence de transparence dans le partage des revenus et du mépris des droits fonciers et communautaires. La liste pourrait s’allonger

encore. Les difficultés de la région du Delta du Nigeria et d’Ogoniland existent pour nous rappeler tous les désastres environnementaux liés à l’exploitation illimitée des ressources

naturelles. La question majeure de l’heure - une corruption débridée - continue à susciter des discussions et à façonner les résultats dans le secteur, tuant chaque espoir que l’Afrique récoltera

un jour des bénéfices importants grâce à la seule chose que la nature lui a apportée.

La réunion de Nairobi réunit des experts du secteur public, des chefs d’entreprise et des représentants du monde universitaire et de la société civile, ainsi que des professionnels des

médias. Beaucoup, en dernier ressort, dépendra des résultats qu’elle produira. Serait-elle juste une autre réunion pour participer à un autre exercice intellectuel quelconque ? Ou, comme je

l’espère ardemment, il pourrait en résulter un nouveau niveau de réflexion sur la façon dont les industries extractives peuvent mieux répondre aux besoins de développement de l’Afrique au cours du nouveau siècle.

Si ce gratin d’experts et de professionnels ne peut pas le faire, il faut se demander qui d’autre peut? En tant que sentinelles publiques, les médias africains ont un rôle essentiel à jouer dans la

transformation des ressources de l’Afrique en richesses pour améliorer la vie quotidienne des Africains. Y-a-t-il quelqu’un qui écoute ?


*L’auteur est un Conseiller principal auprès de la PDG de l’Initiative des médias d’Afrique (AMI). Contact sur Twitter : @Eric1chinje

 

 

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