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Le Congo veut relancer l’agriculture comme une priorité - Ministre Doukaga

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Mme Destinée Hermella Doukaga, Ministre de la Jeunesse et d’Education civique du Congo

Kigali: Le Congo s’est concentré sur le pétrole et a oublié l’agriculture, mais pour le moment, il considère le secteur agricole comme une priorité et il tient à le relancer en s’inspirant du modèle du Rwanda, selon Mme Destinée Hermella Doukaga, Ministre de la Jeunesse et d’Education civique du Congo. Lire l’interview exclusive de cette ex-pilote de ligne et écrivain à André Gakwaya de l’Agence Rwandaise d’Information (ARI-RNA)


ARI: Vous participez à cette conférence sur la création d’emplois pour les Jeunes au niveau de l’Agriculture.  Cette conférence intéresse sans doute votre pays.

D.H.D:
C’était une bonne opportunité à saisir pour participer à cette conférence. Je tiens à remercier les organisateurs qui nous ont invités et aussi transmettre les salutations du Président de la République du Congo, Son Excellence Denis Sassou-Nguesso qui nous a permis de nous  rendre ici pour participer à cette conférence sur l’agriculture.

Effectivement, elle nous intéresse au plus haut point parce que notre pays est un pays jeune. 60 % de la population a moins de 30 ans. Et nous faisons face à des défis de chômage comme la plupart des pays africains. Et nous pensons que l’agriculture peut être une alternative pour résoudre les questions de chômage. Maintenant, il faut savoir que la situation du Congo est un peu particulière parce qu’en réalité, le Congo n’a pas vraiment de problème au niveau de l’agriculture. Je m’explique : le Congo est un pays qui a d’énormes potentialités naturelles, et la main-d’œuvre est disponible. Tout à l’heure, nous avons parlé des questions d’implication des jeunes et de formulation des politiques. Là aussi, il n’y a pas de problème parce que le Chef de l’Etat, Son Excellence Denis Sassou-Nguesso , est mu par une volonté politique qu’il a exprimée à travers des dispositions constitutionnelles et législatives qui font que les Jeunes soient régulièrement impliqués dans la formulation des politiques nationales.

Le problème du Congo, c’est quoi ? Entre les années 1970 et 1980, le Congo a été un grand pays producteur et exportateur des produits comme le cacao et le café, avec des productions qui allaient de l’ordre de 3.000 tonnes l’année. Mais seulement dans la même période aussi, le Congo a connu un boom pétrolier qui a fait que nous nous sommes focalisés sur les richesses sur la base du pétrole, et l’économie de notre pays a été essentiellement basée sur le pétrole toute cette période jusque dans les années 85 et 90.

Maintenant à partir des années 2.000 quand le choc économique a commencé suite à la chute des cours du pétrole, nous nous sommes retrouvés dans une situation telle que pendant que nous étions focalisés sur le pétrole, nous avons laissé un peu de côté l’agriculture, et ce secteur a connu un effondrement avec la conséquence de la fermeture des usines de transformation. Et après avoir retenu la leçon du fait d’avoir focalisé toute notre économie sur le pétrole, il est question pour nous de revenir maintenant vers l’agriculture.

Et à ce sujet, nous avons un plan national de développement qui a été élaboré pour que nous puissions repartir vers l’agriculture parce que nous avons les potentialités qu’il faut. Et actuellement, nous sommes donc entrain de nous diriger vers cette direction. On va essayer d’aller vers la diversification de notre économie du point de vue de l'agriculture tout en impliquant davantage les jeunes, parce que comme nous avons entendu dans tous les explosés que les jeunes ne s’intéressent pas suffisamment au métier de l’agriculture.

Nous nous avons un double défi. D’abord celui de relancer l’économie agricole chez nous et en même temps il faut intéresser les jeunes au métier de l’agriculture. Et c’est pour cela que nous venons ici au Rwanda pour nous inspirer un peu du modèle rwandais, et voir dans quelle mesure nous pouvons l’adapter chez nous.

Nous sommes en train de mettre en place un certain nombre de mécanismes pour encourager les jeunes à s’intéresser au métier de l’agriculture. Il est prévu par exemple la construction des centres de sensibilisation agricole parce que nous avons mené des études qui ont révélé que sur 2,8 millions jeunes interrogés, âgés de 15 à 29 ans, il n’y avait que 0,7% qui s’intéressaient au métier de l’agriculture. Et donc là, nous avons ce double défi à faire face. Voilà.

ARI: Alors la population congolaise, c’est combien d’habitants ?

D.E.D:
La population congolaise est estimée à 4.500.000 habitants.

ARI: L’agri-élevage absorbe quel pourcentage ?

D.E.D:
Alors, comme je vous ai dit tout à l’heure, nous sommes dans une optique de relance de ce secteur parce que nous lui avions totalement tourné le dos. Nous l’avouons. C’était une erreur de notre part parce que nous étions obnubilés par le pétrole. Nous avons été bornés par le pétrole alors que c’était une économie mirifique, on va le dire. C’était une économie assez trompeuse. A 90 %, notre économie a porté sur le pétrole. Mais actuellement, nous sommes dans une optique de relance de l’activité économique dans notre pays.

ARI: Dis-mois : l’agri-élevage absorbe une population de combien d’habitants ?

D.E.D:
Je ne pourrais pas vous donner des chiffres, mais c’est qui est sûr nous sommes en train de  relancer le secteur, c’est un secteur qui est entrain de renaître. Déjà il nous faut combler les besoins alimentaires dans notre pays parce que nous importons à une échelle assez élevé dans notre pays.

ARI: Vous importez à combien de % ?

D.E.D:
A beaucoup. Beaucoup en tout cas si bien que la politique officielle actuelle, c’est de réduire le taux d’importation dans notre pays et je suis sûre que dans cinq ans nous allons revenir sur la question et vous verrez que nous sommes complètement replongés dans l’agriculture dans notre pays.

ARI: Combien consacrez-vous dans votre budget à l’agriculture ?

D.E.D:
Je vais revenir sur ce que j’ai dit tout à l’heure. Nous avons laissé de côté l’agriculture pendant une longue période. Maintenant nous sommes entrain de repartir vers ce secteur. Il n’est seulement pour nous question de relancer l’agriculture en tant que résultat final. Mais il est question de tout ce qui accompagne ce domaine pour plus d’efficacité. Il est prévu par exemple la professionnalisation parce que la professionnalisation du secteur est éducative.  On ne peut pas parler d’agriculture si on ne parle pas d’éducation. Il faut que les gens soient formés. C’est pour cela qu’il y a environ 25 % du budget de l’Etat qui est orienté vers l’éducation, la professionnalisation de l’éducation, et nous sommes entrain de travailler pour voir dans quelle mesure nous pouvons orienter une grande partie de notre budget vers la relance économique.

ARI: Vous ne précisez pas sur le budget consacré alloué à l’agriculture en conformité avec la Déclaration de Malabo.

D.E.D:
Je ne saurai vous donner avec précision ce qui est prévu. Mis ce qui est sûr, l’agriculture fait partie désormais des priorités dans notre plan de développement national.

ARI: Ce qui a été dit ici vous a inspiré aussi ?

D.E.D:
Oui. Ça nous a inspiré quand vous voyez des jeunes qui sont des entrepreneurs donner des témoignages, qui ont partagé leur passion de l’agriculture, qui ont exposé aussi les défis auxquels ils ont été confrontés, je pense qu’on peut aussi se servir un peu de ce modèle. Par exemple, j’ai parlé du Rwanda tout à l’heure : c’est un modèle qui nous inspirés de plus en plus parce que nous sommes dans une optique de collaboration bilatérale avec le Rwanda.

ARI: Vous pouvez par exemple créer un Forum des Jeunes impliqués dans l’Agribusiness comme il y en a ici au Rwanda.

D.E.D:
Effectivement le modèle rwandais nous inspire beaucoup. C’est comme nous avons déjà commencé à appliquer chez nous le YouthConnect. C’est pour vous dire que nous nous inspirons beaucoup du Rwanda. Et nous comptons beaucoup aussi appliquer le modèle agricole rwandais chez nous. Et pourquoi ne pas avoir la possibilité d’échanger les pratiques, les initiatives entre les jeunes rwandais et congolais. En tout cas, cette conférence va nous donner l’opportunité d’en apprendre davantage sur ce que le Rwanda fait et nous allons voir dans quelle mesure poursuivre cette collaboration avec le Rwanda. (Fin)

 

 

 

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